ARTHEZ DE BEARN ET SON HISTOIRE

Chef-lieu d' un canton regroupant 21 communes et 10 000 habitants, Arthez occupe un site aéré sur une crête de collines, face aux Pyrénées, dominant la plaine du Luy de Béarn au nord et la vallée du gave de Pau au sud, à une encablure du complexe pétro-chimique de Lacq. Ce bourg très étendu (28 km2) a eu de tout temps un rôle important dans ce secteur convoité et n'a hérité de sa particule « de Béarn » que le 1e juillet 1950.  


Le passé de la contrée remonte fort loin comme en font foi de nombreux camps défensifs protohistoriques, des tumulus, ainsi que quelques restes gallo-romains.

 

Cité sous le nom d'Artès en 1220, la cité appartenait aux vicomtes de Dax. Cette ancienne bastide fut le centre d' un bailliage, d'une baronnie, ainsi que celui d'un « Parsan » (lieu de rassemblement des milices) au XVI°; puis enfin au XVIII°siècle, le centre d'un Archiprêtré comprenant 33 paroisses.

 

Les plus anciens seigneurs du fief d’Arthez furent les Barons d’Andoins : Corisande, dernière du nom, vendit aux habitants d’Arthez ses biens et ses droits seigneuriaux.

 

A la suite de son mariage, l’Honneur d’Arthez revint à la famille des Gramont mais, peu à peu, le fief s’effrita et, en 1776 les arthéziens s'opposèrent au duc de Gramont, réclamant des droits de pacage et de glandage plus étendus : puis les relations seigneuriales disparurent avec la révolution.

 

Au centre du bourg se trouvait le château avec ses deux tours carrées, dont une seule subsiste et sert de clocher à l’église actuelle.

 

La chapelle et le couvent des Augustins étaient situés dans la partie ouest : l’emplacement est occupé aujourd’hui par la Maison de Retraite Le Temple. Les cagots, à l’égard desquels s’exerçait une violente discrimination, étaient relégués au quartier Bourdalat, où se trouve encore la fontaine qui leur était réservée : « La Houn deus cagots ».

 

Parmi les demeures historiques, figure une grosse ferme qui n' est autre qu'une des anciennes et multiples demeures de la belle Corisande d' Andoins, favorite d' Henri IV. Toute une partie de la maison, située au quartier N’Haux, a conservé son allure originale, atypique.

 

Antan, on soupçonnait les arthéziens de ne pas mettre toute l'ardeur souhaitée à leur travail, d'où ce dicton : « lo pic d'Arthès, u qu'en aprique très » (soit : A Arthez, on donne un coup de pioche pendant qu'on pourrait en donner 3). Un qualificatif mettait en évidence la beauté des filles : « las Gouyates d' Arthez », mais les habitants étaient surnommés « bitous », soit pourceaux, animaux dont les arthéziens faisaient grand commerce.

 

Par ailleurs, Arthez a été et demeure une étape importante sur la route de Compostelle. En 1180, est fondée à Caubin une Commanderie des Chevaliers de l'Ordre de Malte qui, réunie au XVIe siècle à celle de Morlaas, devient la plus importante du Béarn. Le 15 Août 1569, durant les guerres de religion, « L’Espital de Calvi » est dévasté et détruit en grande partie par les Huguenots, avec à leur tête Montgomery. L’Ordre de Malte rentre en possession de Caubin vers la fin du XVIe siècle, mais la Commanderie ne se relèvera véritablement jamais de cette épreuve.

 

Elle continuera à perdre de sa puissance jusqu’à la révolution française qui marquera la fin de la grande histoire de Caubin. La cloche de la chapelle porte le millésime 1638 et l’inscription « Sancte Johannes-Baptista », en hommage au patron du Grand Ordre de Chevalerie.

 

La Chapelle de Caubin a la particularité de posséder, dans la nef de la chapelle, un enfeu (niche) gothique abritant un magnifique gisant du XIV°siècle en armure de pierre, en grés dur du pays, au-dessus du tombeau du baron Guilhem Arnaud d'Andoins, mort en 1301. Cet enfeu est surmonté d'un arc, au centre duquel se détache l'écusson des barons d'Andoins devenu celui de la commune (lion d'argent, armé et lampassé, sur fond de gueules).

 

En 1385, Arthez était déjà un bourg important, puisqu’on y dénombrait 255 feux (soit environ 1275 habitants) : c’était la 5e cité du Béarn. En 1881, on comptait encore 1409 habitants, puis le déclin s’amorça avec 881 habitants en 1954. C’est alors que l’avènement du bassin industriel de Lacq permit un nouveau développement qui se poursuit toujours (1800 habitants actuellement).

 

La cité s’est petit à petit transformée avec la création de nombreux équipements scolaires, sociaux, sportifs et résidentiels. Aujourd’hui, Arthez est au cœur d’une Communauté de Communes du nord du canton et entend jouer un rôle actif dans les futures structures administratives de Pays.